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Various publications including: La Voix de l’Est, Cyberpresse
and Le Nouvelliste
4 October 2006
Parler
vert… pour parler?
Hydro-Québec lançait récemment une campagne publicitaire visant à se montrer
sous un jour écologiquement responsable : "Notre choix est clair. Notre
choix est vert". L’envergure de cette campagne nous amène à nous questionner
sur la somme que notre société d’État a investi dans celle-ci. Combien de
milliers de dollars ont été dépensés? Combien de rivières aurait-on pu
protéger et mettre en valeur avec un tel budget? On aimerait mieux les voir
agir vert plutôt que de parler vert.
Le nom d’Hydro-Québec est déjà sur les affiches culturelles partout au
Québec, à Montréal et en régions. Ne pourrait-on pas aussi voir ce nom
associé à la protection des rivières? Ne serait-il pas mieux d’utiliser cet
argent pour développer des parcs en régions et investir dans l’efficacité
énergétique, afin de protéger les rivières et créer de l’emploi?
Une des publicités parue dans un quotidien nous montre, en arrière-plan, une
chute à son état naturel; à l’avant-plan, un jeune musicien adolescent,
guitare en bandoulière et tenant bien haut une fiche pour brancher sa
guitare; en bas, coin gauche, se trouve une prise de courant sur un rocher
devant la chute. Le pendant télévisé de cette pub nous montre la chute qui
s’active dès lors que la guitare est branchée.
Hydro-Québec y parlait pourtant de « développement » hydroélectrique. Où est
donc le barrage? Ce n’est pourtant pas avec une chute qu’on produit de
l’électricité, mais bien avec le barrage– un mur de ciment – qui aura été
construit à même la chute, en la faisant disparaître.
Le jeune adolescent devant cette chute bucolique est-il justement là à
attendre patiemment qu’on exploite cette rivière sauvage? Est-il trop centré
sur son art pour se questionner sur ses choix énergétiques? Il n’est
pourtant pas de la génération de Québécois affligés du syndrome du castor
qui, au son de la rivière, sont pris d’un urgent besoin de faire couler le
béton! Nous sommes plutôt portés à croire que ce jeune, s’il représente sa
génération, sera de ceux qui vont au front pour changer la vision du
développement au nom duquel on a déjà trop harnaché de rivières.
Nous croyons dans le développement économique du Québec et nous croyons que
le Québec peut s’enrichir en vendant son énergie à fort prix sur les marchés
extérieurs. Mais nous ne voulons pas que ce soit en faisant la promotion de
projets hydroélectriques dont les impacts sociaux et environnementaux sont
camouflés.
Il est irresponsable qu’une société d’État dépense les deniers publics pour
une campagne publicitaire «nous sommes beaux - nous sommes gentils » alors
que l’heure est à l’examen des impacts de nos méthodes de production
d’énergie et de nos habitudes de consommation. Tant qu’une attention
particulière ne sera pas donnée à l’économie d’énergie en y mettant des
incitatifs financiers réels, la société d’État Hydro-Québec ne pourra pas
vendre à fort prix sur les marchés extérieurs les économies d’énergie
réalisées par les Québécois.
Pour ce qui est de l’éolienne dans la campagne publicitaire, on comprend le
besoin d’Hydro et du gouvernement de se refaire une image, mais ce n’est pas
Hydro-Québec qui développe ce créneau, c’est présentement une production
privée, développée à la "va-comme-je-te-pousse" et qui rapportera d’abord
des bénéfices au secteur privé. Alors la générosité d’Hydro-Québec d’offrir
gratuitement de la promotion aux producteurs d’éolienne apparaît déplacée
quand on sait tout ce qui pourrait être réalisé pour protéger
l’environnement avec ce budget.
Mensonges ou demi-vérités que ces publicités ? À vous de juger.
Roy
Dupuis
Paul Piché
Yann Perreau
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